Yakushima : Shiratani Unsuikyo

Parfois je me demande ce que je pourrais ressentir si j’étais un arbre, un vieille arbre millénaire comme un petit jeunot atteignant tout juste sa première centaine.

Dans des lieux comme celui ci, un calme paisible y fait son nid; paisible au vue de ta taille et de l’agitation de tes cellules. En prenant le temps de poser mon regard sur une échelle bien plus petite que celle d’un humain lambda, je me retrouve face à une richesse infinie.

Il faut que je te confies quelque chose, je suis bien plus petite que toi, imagine toi la taille d’une petite phalange. Je mesure disons donc… 1 centimètre et demi, même si c’est plutôt 1 centimètre 57 il est plus aisé de dire et demi. Je fais donc parti du monde des chapardeurs comme la petite Arietty. Me retrouvant fasse à un coussin gigantesque fait d’une chevelure verte et douillette je ne peux donc résister au fait de m’accorder une petite roulade en son sein.

Alors je m’élance de liane en liane et je fini par tomber nez à nez avec un petit lac même si, à tes yeux à toi il s’avérerait n’être qu’une petite flaque. Les rayons de soleil montrant le bout de leurs doigts je ne peux alors que m’y prélasser, n’es tu point d’accord?

Appréciant cet air, on ne peut plus oxygéné je poursuis mon épopée à grandes bouffées. Je chante, je gambade, je m’émerveille, j’écoute et j’observe attentivement; bien entendu elle n’est pas seulement douce et paisible cette forêt. Si je m’élance avec un peu trop d’enthousiasme, je manque de peu le torrent qui me serait alors fatal. Elle me prévient de par son propre langage que ce lieux n’est guère favorable à moi petit chapardeur, tandis que toi petit humain, bien sûr, tu resterais impressionné par sa splendide puissance, mais si tu venais par mégarde tremper le bout de ton orteil dans ce petit torrent, tu continuerais ta ballade mécontent, quelques instants, que ta petite chaussette trouée soit alors mouillée.

Finalement tu ressortirais de cette forêt tout comme moi, un peu fatigué par cette longue ballade sinueuse, prêt à te rendre au pays des songes pour profiter encore quelques instants de cette beauté à en couper le souffle.

Pas étonnant que Miyazaki s’en soit imprégné.